Transmettre le respect : une histoire de couleurs

Un jour, une mère dit à ses enfants :

« Nous avons tous les yeux bleus, sauf pépé qui a les yeux marron. Est-ce que ça change quelque chose ? »

« Non », répondent les enfants.

Elle continue : « Moi, j’ai les cheveux châtain clair, ton père aussi. Toi, tu es blond très clair. Toi, blond doré. Et toi, châtain. Et pépé a les cheveux noirs. Est-ce que ça change quelque chose ? »

Les enfants rient : « Non plus ! »

Alors elle ajoute : « Ta copine Cathy a la peau foncée, Éloïse une peau tirant sur le jaune, et moi, j’ai le teint pâle. Et vous, pareil. Est-ce que ça change quelque chose ? »

Et les enfants répondent en chœur : « Non. »

Alors, elle leur explique :

« Tu sais, avant, il y a 10 000 ans, les hommes étaient noirs. Leur peau s’est éclaircie au fil des migrations vers le nord, parce que le soleil était moins présent. C’est tout. Et c’est pareil pour les animaux. Regarde les ours blancs, les loups du Groenland... »

C’est dans ces gestes simples, dans ces paroles posées sans violence mais pleines de sens, que les enfants ont appris que la couleur d’une peau n’est rien d’autre qu’une adaptation à un climat, une histoire d’évolution.

Ce jour-là, sans grande leçon, une mère a transmis l’évidence : le respect de l’autre ne tient pas à la couleur, mais au regard qu’on porte sur l’humanité de chacun.

Page issue du chapitre 6 — Éthique et transmission
Dernière mise à jour : 10 juin 2025 - 20h19