Les primates



Il y a 65 millions d'années

C'est pendant l'Eocène que les grands groupes de mammifères se développent. Ils profitent, entre autre, de la disparition des dinosaures pour supplanter les autres groupes mais aussi d'un climat très chaud.

Les premiers primates apparaissent. On les retrouve dans plusieurs parties du monde : en Europe, en Amérique du Nord en Asie et en Afrique. Parmi ces protosinges d'Afrique on peut distinguer Altiatlasius, découvert au Maroc, qui fait figure de plus ancien primate reconnu (55 millions d'années).

Comme le registre fossile est généralement incomplet, il peut être raisonnable de penser que, en fait, les primates sont apparus bien avant la fin du Crétacé. Ainsi, les primates auraient commencé leur voyage évolutif discrètement dans le Mésozoïque, puis ils ont bénéficié de la catastrophe qui a produit l'extinction des dinosaures à la fin de cette époque, et laissé le champ libre à de petits mammifères. La période suivante, le Cénozoïque, a été la sienne.


Altiatlasius.

On estime que les premiers primates sont apparus il y a 58 millions d'années, dans une période pas très éloignée de la disparition des dinosaures.

Le plus ancien fossile connu est Altiatlasius, identifié uniquement par une douzaine de dents (c'est le seul élément du squelette qui ait résisté au temps!). Ce petit mammifère du continent africain (Maroc) devait peser environ 120 grammes.

Il y a 55 millions d'années, les primates commencent à se répandre et à se diversifier sur les terres accessibles (Europe et Asie).

Altiatlasius
Altiatlasius
(reconstitution)



Il y a 47 millions d'années.

L’atmosphère est très semblable à celle d'aujourd’hui, la température est de 24 degrés Celcius et une journée dure à peine moins de 24 heures ; c’est presque identique à nos jours.

Les plaques continentales se déplacent plus franchement. L’Inde se déplace vers le nord en direction de l’Asie. les plaques indienne et eurasienne se livrent un combat titanesque.

Les forces s’équilibrent, les plaques se chevauchent et soulèvent la croûte terrestre sur une ligne de 2 500 km de long.

Le chevauchement des plaques engendre de hauts reliefs : d'abord 1 500 mètres puis 4 500 mètres et enfin 8 000 mètres. La grande chaîne himalayenne est née.

Le plus haut massif, le mont Everest culmine à plus de 8 850 m d’altitude dans la troposphère, là où circule le jet-stream. Lorsque la neige des sommets fond, elle alimente les grands fleuves comme le Gange, l’Indus, le Yangtsé et le Huang He ou fleuve Jaune, dont près de la moitié de la population mondiale dépend.





Eosimias Sinensis

Il y 45 à 42 millions d'années, l'Eosimias Sinensis (Changaï, Chine 1999) apparaît ; c'est le plus vieux primate connu.

Il y a 34 millions d'années, l'expansion de la vie est stoppée lors d'un refroidissement mondial.

Si la plupart des primates européens disparaissent, les asiatiques comme Eosimias et Bahania, par exemple, continuent leur évolution ;

Nous avons peu d'informations sur la période comprise entre -32 et -23 millions d'années car, à ce jour, aucun fossile significatif n'a été retrouvé.

(A noter, toutefois, la découverte en octobre 2005 de deux nouvelles espèces d'anthropoïdes en Egypte : Biretia fayumensis et Biretia megalopsis)

eosimias

Eosimias (reconstitution)

le Proconsul.

Il y a 17 millions d'années, le climat commence à se réchauffer et vers -17 millions d'années débute véritablement l'âge d'or des mammifères...

On trouve alors des singes hominoïdes et des cercopithèques en Afrique et hors d'Afrique.

Parmi les fossiles les plus connus, on peut citer le Proconsul (singe sans queue). Sa capacité crânienne est comprise entre 160 et 300 cm3 et le dimorphisme sexuel entre mâle et femelle est important.

Il y a 16 millions d'années, une nouvelle période de refroidissement s'opère. Ce changement de climat est accompagné par une modification de la végétation : développement des savanes et des prairies.

En Europe on trouve les restes d'un hominoïde, le Dryopithecus, appelé le singe des chênes, (-11 millions d'années) et ceux d'un primate arboricole, l'Oréopithèque (-9 millions d'années). Un autre Hominoidea, l'Ouranopithèque, prétend aussi au titre d'ancêtre possible de l'homme.

En 2009, on découvre un nouveau singe anthropoïde : Lluc, Anoiapithecus Brevirostris.

Proconsul

Proconsul (reconstitution)


Séparation

La séparation entre les homnidés et les singes se serait faite il y a 8 millions d'années d'après des études génétiques.



Toumaï.

Il y a 7 millions d'années, Sahelanthropus Tchadensis fut découvert au Tchad en 2001. Il fut baptisé Toumaï, (crâne ci-contre), ce qui veut dire : espoir de vie.

Après une analyse minutieuse de la morphologie du crâne de Toumaï, l’équipe conclut qu’il partage avec l’homme un certain nombre de caractéristiques qui poussent à le rattacher à notre lignée. Par exemple:
- le trou occipital est décalé vers l’avant , une caractéristique de la station bipède.
- Les canines sont courtes en comparaison avec les grands singes.
- Les incisives sont relativement petites.
- Les dents jugales sont plus petites que celles des australopithèques.
La face est courte et droite.
- Elle est plus proche de celle des hominidés que de celle des singes.
- Le torus sus-orbitaire est fort et continu.

Toumaï mesurait environ 1 mètre et pesait près de 35 kg. Ce serait un mâle mais ce n'est qu'une hypothèse établie d'après l'épaisseur du bourrelet supra-orbitaire. Sa capacité crânienne, comprise entre 360 et 370 cm3, est équivalente à celle nos chimpanzés actuels. La position de Toumaï au sein de notre arbre généalogique divise la communauté scientifique. S'agit-il d'un hominidé ou d'un singe? Comme Orrorin Tugenensis ou Ardipithecus Kadabba, Toumaï présente des caractéristiques primitives et quelques-unes plus modernes. En l'absence de nouveaux fossiles plus complets, le débat reste ouvert.

Une partie de la communauté scientifique s'accorde à reconnaître le statut d'hominine à Sahelanthropus Tchadensis ainsi que son aptitude à la bipédie. Cependant, l'hypothèse selon laquelle Sahelanthropus serait un singe, situé avant ou après la divergence panines-hominines, a très tôt été émise. La position phylogénétique de Sahelanthropus a fait, et fait encore l'objet d'une controverse entre spécialistes.

Toumaï

Crâne de Toumaï


Orrorin.

Il y a 6 millions d'années a vécu Orrorin Tugenensis, selon les datations. il a été surnommé "Millenium Ancestor" Orrorin est le nom local d'un personnage mythique, « l'Homme originel ».

IL a été découvert en octobre et novembre 2 000 dans la formation de Lukeino, dans les collines de Tugen, au Kenya, par Brigitte Senut et Martin Pickford. Son volume cérébral est de 115 à 125 cm3

Il mesurait de 115 à 125 cm, pesait de 30 à 45 kg, était bipède et habitait une zone boisée à proximité de l'eau.

Orrorin Tugenensis a donc été défini à partir de treize restes fossiles correspondant à au moins cinq individus distincts (photos de l'ensemble) et incluant :

- 1 humérus (bras).
- 3 fémurs, dont 1 morceau de petite taille (cuisse): Son fémur, encore plus long que celui de Lucy, évoque la bipédie. A noter toutefois : il est probable que les os appartiennent à un mâle.
En collaboration avec l’équipe de Robert Eckhardt (Penn State University), les chercheurs ont analysé le fémur d’Orrorin Tugenensis grâce à une technique de tomographie assistée par ordinateur (CT scan). Ils ont constaté que la partie supérieure est plus fine que la partie inférieure, avec un ratio de l’ordre de trois (ce ratio peut dépasser quatre chez l’homme).
Ce fossile témoigne donc d’une transition vers la station debout, expliquent les auteurs.
Cela tend à suggérer que l'espèce humaine était bipède dès le début.
- 1 phalange (main).
Sa première phalange, longue et incurvée, indique qu'Orrorin se suspendait parfois aux arbres. Il était donc également arboricole.
- 2 mandibules
- 6 dents: La taille de ses molaires (identique à celle des hommes actuels) est néanmoins plus petite que celle des australopithèques ("Singes du Sud» en latin et grec.)

En bref, Orrorin semble avoir pioché des caractères chez les grands singes et chez les hominidés !

Pour Brigitte Senut : " Orrorin est un être petit, encore arboricole pour échapper aux prédateurs ; son humérus a une crête latérale droite pour le muscle brachioradialis comme l’ont les humérus de Chimpanzés, et ses phalanges sont courbes comme celles des primates qui grimpent ; mais son fémur a une tête massive, sphérique, plus large que le col, une corticale plus forte à la partie inférieure, un grand trochanter minor, un sillon intertrochantérien court, une linea aspera large et basse pour de puissants muscles glutéaux (des fesses), autant de caractères liés à une bipédie fréquente. Enfin ses dents sont à émail épais comme celles de tous les Australopithèques, mais elles sont petites et carrées et en ce sens beaucoup plus humaines que celles massives de ces derniers."

Phylogénie.

Les os d’Orrorin sont une fois et demi plus grands que ceux de l’Australopithèque éthiopien, Lucy, mais ses molaires sont plus petites. Ceci suggère que ses dents broyeuses étaient petites par rapport à sa taille corporelle (microdontie) à la différence de celles des Australopithèques dont les dents broyeuses étaient énormes et les corps petits (mégadontie).

Les hommes plio-pléistocènes et modernes sont microdontes et la présence de ce même caractère chez un hominidé de 6 millions d'années suggère qu’il était déjà présent avant 6 millions d'années. En fait, de nombreux grands singes africains du miocène inférieur et moyen (20 à 12 millions d'années) sont plus ou moins microdontes; on peut donc penser que cette adaptation est la condition primitive chez les grands singes, et qu’elle a été conservée chez les Hominidés. La microdontie indique un régime riche, peut-être frugivore ou même omnivore. La mégadontie, en revanche, semble s’écarter des régimes frugivores et omnivores pour s’orienter vers un régime plus végétarien.

C’est plus probablement une adaptation très évoluée qui permet de différencier les Australopithèques du reste des Hominidés et conforte l’idée que les Australopithèques ne se placent pas en ligne directe dans notre ascendance, comme le pensent généralement les paléoanthropologues.

Nous considérons maintenant que la divergence entre hominidés bipèdes et grands singes africains est située avant 6 millions d'années, et probablement entre 9 et 8 millions d'années, juste après que Samburupithecus ait habité les savanes d’Afrique orientale il y a 9,5 millions d'années.

Cette découverte suggère également que la séparation entre la lignée des Australopithèques et celle de l’homme s’est passée bien plus anciennement qu’on ne le pensait, probablement vers 8 à 7 millions d'années, période qui a connu un changement important dans les communautés mammaliennes africaines.

Fémur
Fémurs

Humérus    Phalanges

Dents

Mandibules

Importance des découvertes.

Orrorin possède un mélange de caractères humains et simiesques. Il est toutefois plus humain que les Australopithèques éthiopiens comme Lucy, (qui s'est révélée être un produit d'une bifurcation et n'est plus considérée comme l'ancêtre de l'homme), bien qu'étant 3 millions d’années plus vieux que cette dernière.

Une telle découverte oblige les scientifiques à revoir les scénarios sur les origines de l’homme et suggèrent que les Australopithèques ne sont pas nos ancêtres directs, mais représentent une branche latérale de notre arbre généalogique.

Au moment de sa découverte, Orrorin était le premier hominidé découvert antérieur à 5 millions d’années et il suggérait que la dichotomie entre les grands singes et l’homme devait être bien plus ancienne que 6 millions d’années.

A priori, les Australopithèques ne font plus partie de la lignée humaine.



Little Foot.

Littéralement : Petit Pied, trouvé à Sterkfontein en Afrique de Sud, il est le seul Australopithèque dont nous ayons un squelette quasi complet.

On sait maintenant que Little Foot est un Australopithecus Prometheus. Il avait été mal daté car la terre autour de little foot était tombée bien après sa chute dans la cavité d'où les erreurs de datation. L'analyse stratigraphique vient corroborer l'estimation de l'anatomie comparée : il serait âgé de plus de trois millions d'années.

Little foot a été extrait de son emplacement ; il faut encore attendre les analyses de son squelette pour en savoir davantage.

Une reconstitution en trois dimensions est en cours. Mais les fossiles eux-mêmes devraient révéler quantité de détails .

On sait déjà qu'il était bipède, mais la forme de ses doigts indique qu'il était encore capable de monter dans les arbres.


Crâne de Little Foot dans sa gangue
et son fémur.

De plus grâce à des capteurs qui détectent la chaleur, on a découvert comment trouver les autres cavités qui sont nombreuses dans cette région karstique et on peut donc espérer exhumer beaucoup d'autres restes de primates. .



Australopithecus Garhi.

Garhi signifie " surprise " en langue afar car il a seulement 2,5 millions d'années. Garhi semble vraiment avoir été le plus avancé de la lignée Australopithèque, car dans un espace voisin des restes de Gahri on a trouvé des outils en pierre taillée évoquant l’Oldowayen.

Cela a inscité beaucoup de scientifiques au début à penser qu'Australopithecus Garhi pouvait-être un ancêtre du genre Homo.

Mais on n'est pas sûr que ces outils peuvent lui être attribués car ils se situent dans un espace voisin. En revanche, des ossements de gazelle trouvés avec les fossiles d'Hominidé présentent des traces interprétées comme des marques de découpe avec un outil en pierre. Ces traces seraient une preuve indirecte de l'une des plus anciennes utilisations d'outils connues.

Ces outils seraient antérieurs aux premiers représentants connus pour l'instant du genre Homo, Homo Habilis et Homo Rudolfensis, mais il est impossible d’assurer qu'Australopithecus Garhi en est bien l’auteur.

La capacité crânienne d'Australopithecus Garhi, évaluée à 450 cm3, est proche de celle des autres Australopithèques.

Mais il présente des traits distincts des autres australopithèques, notamment au niveau du maxillaire. L’étude des prémolaires et des molaires montre qu’elles sont plus grandes que celles des autres formes graciles, mais moins robustes que chez les Paranthropes.

crane de ghari
Crâne de Garhi


Homo Habilis.

Homo Habilis veut dire : "homme habile", car ce serait le premier à avoir fabriqué des outils.(Des outils sont peut-être à attribuer à l'australopithèque Garhi).

Les premières découvertes d’Homo Habilis datent de 1959 dans la gorge d’Olduvai en Tanzanie. A partir de 1964, au fil des découvertes, de nombreux fossiles exhumés en Ethiopie, au Kenya et en Afrique du Sud sont aussi rangés dans le genre Homo Habilis.

Il a entre 2,4 et 1,6 millions d'années. Il mesure environ 1,20 à 1,50 m pour un poids de 30 à 50 kg. Son volume cérébral est compris entre 550 et 660 cm 3, soit une fois et demi le volume endocrânien des Australopithèques sud-africains. Cette capacité cérébrale s'insérait, à l'époque, entre la limite supérieure de celle des Australopithèques et la limite inférieure de celle des Homo Erectus.

Le prognatisme (mâchoire inférieure proéminente) est réduit par rapport à l'australopithèque. Ses prémolaires et ses molaires sont particulièrement allongées et peu larges, ses incisives relativement larges comparées à celles d'Australopithecus et d'Homo Erectus.

Le front est fuyant contrairement à l'Homo Sapiens. L'ouverture nasale est étroite. Il présente un torus sus-orbitaire (bourrelet au-dessus des yeux).

Il est bipède et vit dans la savane arborée. Ses membres postérieurs courts n’en faisaient pas un aussi grand marcheur qu'Homo Ergaster, apparu ultérieurement. Son aspect restait très archaïque.

Certains éléments du squelette (le pied, la clavicule et les os de la main) sont très similaires à ceux de l'Homo Sapiens.

L’espèce présentait un fort dimorphisme sexuel, les femelles étant beaucoup plus petites que les mâles.

La découverte d'outils à proximité du fossile constitue les premières traces d'industrie lithique humaine ; c'est l'Oldovinien, premier grand âge de pierre, il y a 2,5 Millions d'années. Cette "habileté" à fabriquer des outils le distingue des australopithèques, et lui permet de découper des morceaux de viande ou de casser des os. Grâce à ses couteaux en silex ou en quartz, il dépèce les carcasses d’antilopes ou de rhinocéros abandonnées par les lions ou les tigres à dents de sabre. Homo Habilis était un omnivore, il mangeait des végétaux, des fruits et de la viande prélevée sur des animaux morts. D’après les entailles retrouvées sur des ossements d’animaux, on considère qu'il récupèrait les tendons et la peau pour un usage domestique. Au début, il semblerait qu’Homo Habilis sélectionnait de petits éclats de quartz rendus tranchants pour couper les chairs.

Il choisissait une pierre assez lourde qu’on appelle le percuteur ; puis, un galet qui était en silex, en grès ou en quartz. Avec le percuteur, il tapait très fort verticalement sur une surface plane près du bord du galet ou sur tout son pourtour. En percutant une seule face il confectionnait un outil tranchant (galet aménagé): Le chopper. En percutant deux faces opposées, il fabriquait un chopping-tool.

Crane Homo Habilis
Crâne de Homo Habilis.




crane homo habilis
Crâne de Homo Habilis

Les scientifiques sont à peu près certains que ce premier Homo disposait d’un langage articulé car les moulages de son crâne montrent les aires de Broca et Wernicke : c’est là que le cerveau conçoit et traduit les mots.

Il semble qu'il ait construit les premiers habitats car des campements rudimentaires ont été découverts dans la gorge d’Olduvai. Les Homo Habilis vivaient en petits groupes, ce qui implique un minimum d’organisation sociale.

Il occupait les mêmes sites pendant 10 à 15 ans. L'Homo Habilis était sédentaire, mais il parcourait de longues distances pour trouver les pierres idéales pour la fabrication de ses outils.

Homo Habilis a coexisté avec certaines formes robustes d'Australopithèques, les Paranthropes. Certains scientifiques envisagent que ceux-ci étaient également capables de tailler des outils de pierre.

Importante découverte.

Selon une étude publiée mercredi 8 août 2014 dans la revue scientifique britannique "Nature" par une équipe internationale de chercheurs dirigée par Fred Spoor, de l'University College de Londres, le projet de recherche Koobi Fora (KFRP), dirigé par Meave Leakey et sa fille Louise Leakey a exhumé près du lac Turkana, un reste de boîte crânienne très ancien d'Homo Erectus, datant de 1,55 million d’années.

La principale surprise est venue, sur le même secteur, de la découverte de fragments de mâchoire inférieure attribués à Homo Habilis mais datés de 1,44 million d'années seulement, et d'un autre fragment de mâchoire inférieure. Ces trois fossiles confirment que deux espèces distinctes de l'Homo Erectus (l'Homo Habilis et l'Homo Rudolfensis) ont coexisté sur le continent africain, il y a près de deux millions d'années. Cette espèce aurait donc vécu plus longtemps qu’on ne le pensait et remet en cause la filiation et l'ordre entre les espèces du genre Homo.

On a longtemps pensé que ces deux espèces s'étaient succédées (d'abord Habilis, puis Erectus). Il était admis qu'Homo Habilis était apparu il y a 2,5 millions d'années et avait disparu lors de l'apparition d'Homo Erectus.

Il y a 1,55 millions d’années. Les nouveaux fossiles prouvent que les deux espèces ont vécu à la même époque pendant 500 000 ans. Ce que l’on connaît de leurs régimes alimentaires démontre qu’il ne devait pas y avoir compétition entre les deux. Homo Habilis était en effet plus végétarien que le carnivore Erectus, bon chasseur, même s’il ne dédaignait pas la cueillette.

Il semble maintenant peu probable qu'Homo Erectus soit le descendant d'Homo Habilis mais pourrait bien avoir le même ancêtre commun.



Homo Erectus.

Homo Erectus signifie littéralement : "homme dressé". Il est le premier à maîtriser le feu. On pense même qu'il savait nager. Il a vécu entre 1,9 et 0,3 millions d'années. Son volume cérébral est de 800 à 1300 cm3 pour un poids de 45 à 80 kg. Il est exclusivement bipède et vit dans la savane, dans la steppe et dans la forêt.

Erectus est le nom que l'on a donné aux premiers migrants. Aujourd'hui, les divergences de caractères comme la capacité cérébrale, la géométrie du crâne et la robustesse de la mâchoire limitent son appartenance aux seules espèces asiatiques. Les variantes parfois considérées comme des sous-espèces sont le Pithécanthrope (homme de Java), le Sinanthrope ( homme de Pékin) et l'homme de Florès surnommé le Hobbit.

Les espèces européennes sont appelées Homo Heidelbergensis et correspondent probablement aux ancêtres des Néandertaliens.

Les espèces africaines sont, elles, appelées Homo Ergaster. Certaines espèces plus récentes comme l'Homo Rhodesiensis (nommé Sapiens archaïque ou Erectus évolué) pourraient être à l'origine de l'espèce humaine.


Homme de Pékin
(moulage)

Importante découverte.

Des travaux récents portant sur de nouvelles découvertes à Dmanissi suggèreraient que tous ces spécimens du genre Homo, Homo Rudolfensis , Homo Ergaster, Homo Heidelbergensis, Homo Erectus et même Homo Habilis appartiendraient à une seule et même espèce: Homo Erectus. ils seraient venus d'Afrique il y a 1,8 millions d'années, bien plus tôt qu'on ne le pensait auparavant. A noter que certains scientifiques considèrent Homo Habilis comme un australopithèque.



Homo Ergaster

Ergaster vient du grec ergon, le travail: "l'homme qui travaille". Homo Ergaster vivait en Afrique, entre 1,8 et 1 million d'années avant notre ère.

Il cohabita avec Homo Habilis dans la région du lac Turkana. Il semble qu'il fut le premier à consommer de la viande, ce qui a peut-être augmenté le volume de son cerveau qui atteint 850 cm3. L'augmentation de son cerveau lui permet d'inventer des outils plus sophistiqués impliquant une taille sur deux faces : le fameux biface de l'acheuléen.

Il est aussi le premier à domestiquer le feu.

On suppose qu’il est plus chasseur que charognard, ce qui l'a sans doute poussé à poursuivre les animaux hors d'Afrique. Sur les sites qu'il occupait, il y avait des marques de découpe sur les ossements d'animaux qu'il raclait pour en retirer la viande. Certains fragments osseux étaient aussi utilisés comme outils de percussion (retouchoirs) pour fabriquer des outils en silex.

Les spécimens découverts mesuraient entre 1,55 m et 1,70 m, pour une masse de 50 à 65 kg. Il est exlusivement bipède et il a définitivement quitté les arbres. Ses membres inférieurs, plus longs que ceux d’Homo Habilis en faisaient un bon marcheur.

Le dimorphisme sexuel de cette espèce est plus réduit que chez Homo Habilis. Son habitat est la savane et la plaine.

Homo Ergaster reste cependant très archaïque de faciès, avec un nez absent et une mâchoire très prognathe.

D’après l’hypothèse la plus couramment acceptée actuellement, Homo Ergaster est l’ancêtre d'Homo Erectus. Il est probable qu’il soit aussi l’ancêtre d'Homo Antecessor.

Crâne de Homo Ergaster
Crâne de Homo Ergaster

Biface
Biface (recto )
Biface
Biface (verso)


Homo Heidelberghensis.

Homo Heidelbergensis est ainsi nommé car il a été trouvé à Heidelberg en Allemagne.

Homo Heidelbergensis a vécu au paléolithique inférieur et le plus souvent sa culture matérielle correspond à l'acheuléen.

Selon des recherches phylogénétiques, Homo Heidelbergensis résulterait d'une évolution depuis Homo Antecessor ayant disparu d'Europe il y a environ 700 000 ans.

Il a vécu en Europe entre 600 000 ans et 200 000 ans.

Son cerveau est plus volumineux (de 1000 à 1300 cm3), ce qui le classe sans aucun doute dans la lignée Homo. Son crâne est plus large vers les tempes au lieu de l'être à la base; il a un front plus élevé et des arcades sourcilières moins fortes , une mâchoire moins allongée, avec des dents plus petites.

La taille des individus pouvait atteindre environ 1,70 m pour les hommes et 1,60 m pour les femmes. Il fabriquait avec soin des épieux à lancer qui atteignaient jusqu'à 2,50 m de long ainsi que des outils en silex. Il serait le premier hominidé à avoir utilisé des lances à pointes en pierre taillée.

crâne de Homo Heidelbergensis à Atapuerca
Crâne de Homo Heidelbergensis
(Atapuerca)

Importante découverte

Une récente analyse génétique de l'équipe de Svante Pääbo (Institut Max Planck en Allemagne) a été publiée le 4 décembre 2013 dans la revue "Nature". L'équipe a analysé l'ADN mitochondrial du fémur d'un individu d'Atapuerca ayant vécu il y a entre 300 000 et 400 000 ans. Il s’agit du plus vieux génome appartenant à un représentant du genre Homo jamais séquencé.

L’analyse de cet ADN mitochondrial a montré, contre toute attente, que cet Homo de la grotte de Sima de los Huesos est génétiquement bien plus proche de l’homme de Denisova que de l'homme de Néandertal.

L'homme de Denisova est un hominidé cousin mais distinct de Néandertal, identifié par des restes d'une quarantaine de milliers d'années dans le sud de la Sibérie.

Pääbo pense que les Homo de la grotte de Sima de los Huesos seraient les ancêtres communs de l’Homme de Denisova et de l’Homme de Néandertal .



Homme de Dénisova

L'homme de Dénisova est ainsi nommé car il a été trouvé dans la grotte de Dénisova, sur les hauteurs de l’Altaï en Sibérie.

La grotte est une grande cavité qui a été occupée pendant 125 000 ans. Elle est très riche en traces et artefacts préhistoriques.

On y a trouvé : une coquille d'autruche gravée, des pendentifs, des aiguilles, et un bracelet vert. Ces artefacts sont de style moustérien. Cela indique que les individus qui y vivaient étaient aussi évolués que Sapiens et Néandertal avec qui ils partageaient le même territoire.

Cet hominidé aurait vécu il y a 30 000 ans à 48 000 ans. Ce sont quelques dents et un fragment d’auriculaire, exhumé en 2008, que les scientifiques ont découverts.

Le fragment d'auriculaire a été envoyé à l'Institut Max-Planck de Leipzig et à diverses universités européennes et américaines. Ils ont séquencé entièrement l'ADN mitochondrial contenu dans la phalange.

Les chercheurs pensaient véritablement qu'ils allaient pouvoir attribuer la phalange, soit à Homo Sapiens, soit à Néandertal, c'est en fait une nouvelle espèce d'hominidés jamais vue à ce jour qui va être dévoilée: L'homme de Dénisova.

D'après le séquençage, ce nouvel hominidé aurait un ancêtre commun avec l'homme anatomiquement moderne et avec l'homme de Néandertal, qui daterait d'il y a environ 1 million d'années. Il aurait également contribué à hauteur de 4 à 6 % au génome des mélanésiens actuels et aurait été relativement répandu en Asie à la fin du Pléistocène. Ses ancêtres seraient aussi arrivés d'Afrique par un chemin distinct de celui des ancêtres des Néandertaliens et de celui des hommes modernes.

Des analyses, publiées en août 2012 dans la revue américaine "Science", révèlent qu'une partie non négligeable de leurs gènes a été transmise aux habitants actuels d'Asie du sud-est, et également aux Papous.

De plus, des chercheurs de l'Université de Berkeley et BMG ont aussi soumis un échantillon d'environ quarante tibétains à une analyse génétique pour essayer de comprendre pourquoi cette population avait une telle capacité à survivre à de hautes altitudes.

Ils ont découvert que c'est le gène EPAS1 transmis par les dénisoviens qui en est l'origine.

Ce gène leur permet de mieux réguler le débit de l'hémoglobine dans le sang et donc de respirer dans des environnements de montagne où le pourcentage d'oxygène dans l'air est raréfié.

Actuellement 87% des tibétains ont cette variante de gène, ainsi que les chinois Han dans une moindre proportion.



Homme de Florès

L’homme de Flores, Homo Floresiensis aurait vécu sur l’île de Florès entre -95 000 et -12 000 ans environ.

Il mesure environ 1 m voire 1,28 m selon certains pour 16 à 28 kilogrammes et se tient debout.

L'Homme de Florès est de petite taille et aurait une capacité crânienne de moins de 400 cm3, soit plus petit que celui de l’australopithèque Lucy, mais aurait été doté d’un cerveau évolué, présentant un lobe frontal, impliqué dans la résolution de problèmes, et un lobe temporal développé, important dans les mécanismes liés à la mémoire.

Il fabriquait des outils. C'est ce qu'indique la présence sur le site archéologique de nombreux outils en silex noir et en roches volcaniques. Ces instruments sont constitués essentiellement de simples éclats, mais comprennent aussi des nucléi avec des traces de coups portés de manière à obtenir des bifaces. Il chassait et maîtrisait aussi l'usage du feu.

Certains chercheurs prôneraient le fait qu'il aurait était trisomique ce qui expliquerait sa petite taille. Mais le nombre d'individus découverts écarte cette hypothèse . En effet tout une communauté ne peut pas être atteint de la même maladie.

Cet homme de Florès constitue une autre humanité qui aurait côtoyé l'Homo Sapiens et se serait éteint il y a 12 000 ans seulement.



Homo Georgius De Dmanissi.

Homo Georgicus présente des caractères considérés comme intermédiaires entre Homo Habilis africain et Homo Erectus asiatique. Il date de 1,8 millions d'années de l'époque du pléistocène. Sa taille est estimée à 1,50 m. Un dimorphisme sexuel marqué, avec des mâles nettement plus grands que les femelles, traduirait un caractère primitif.

Le site a livré une industrie lithique archaïque évoquant l'oldowayen.

Il a été décrit en 2002 à partir des fossiles découverts un an plus tôt à Dmanissi, dans le Caucase (République de Géorgie). Le crâne (D2282) et la calotte crânienne (D2280) furent au début considérés comme ceux d'Homo Ergaster.

Mais le crâne (D2700) découvert en 2001 était moins volumineux et présentait certains points communs avec Homo Habilis. Une comparaison fut faite avec celui de KNM-ER 1813, un Homo Habilis adulte découvert au Kenya. Ils ont décelé des ressemblances au niveau de la face, mais comme la face est probablement la dernière partie qui se met en place, cette hypothèse est contestée. Ainsi, pour Fred Spoor, ces fossiles sont simplement des Homo Erectus car D2700 ressemble fortement au crâne d'un Homo Erectus malgré une taille plus petite.

Les différences entre les fossiles étaient minimes et ils furent tous considérés comme des Homos Georgicus.

Mais certains chercheurs contestent le fait que les fossiles géorgiens correspondent à une espèce à part entière.

En effet, les fossiles de Dmanisi sont considérés tantôt comme des Homo Erectus, tantôt comme des Homo Habilis, tantôt comme des Homo Ergaster ou tantôt comme des Homo Georgicus selon les auteurs, dont certains ont changé d'avis au cours du temps.

Les recherches sur le site continuant, les scientifiques ont découvert d'autres fossiles humains dont voici un récapitulatif. En 1991, une mandibule (D211) attribuée à un jeune adulte ;
En 1999, un crâne (D2282) de jeune femme et une calotte crânienne (D2280) d'un homme d'une vingtaine d'années ;
En 2000, une mandibule (D2600) ;
En 2001, un crâne complet juvénile presque adulte (D2700) et sa mandibule (D2735) découverte à moins d'un mètre ;
En avril 2005, un crâne (D3444) et une mandibule (D3900) ;
En 2005 également, un crâne (D4500) qui correspond à la mandibule (D2600) découverte auparavant. Cela forme le premier crâne adulte (Crâne 5) complètement conservé de cette époque.(1,77 millions d'années).

L'ensemble combine une boîte crânienne relativement réduite (546 cm3, soit le tiers de celle d'un homme moderne) : une face allongée et prognate qui le rapproche d'Homo Erectus,
une mâchoire inférieure saillante, des caractéristiques anatomiques qui rappellent celles de l’australopithèque,
une mâchoire supérieure qui ressemble à celle appartenant à un crâne d’Éthiopie , vieux de 2,3 millions d’années, estimé avoir appartenu à un Homo Habilis.
IL a de grandes dents, semblables à celles d’Homo Rudolfensis.
Sa volumineuse région supraorbitale (ligne des sourcils) ressemble fort à celle de l’Homo Erectus
et sa longue face supérieure orientée verticalement et la forme globale de sa boîte crânienne sont incontestablement Homo.
Le Crâne 5 possède une étonnante combinaison de caractéristiques qui n’ont jamais été observées ensemble dans un fossile d’Homo.

Crâne de profil
Crâne 5 de profil


Crâne de face
Crâne 5 de face
En 2013, Les chercheurs, dirigés par l’anthropologue géorgien David Lordkipanidze, notent qu’il est “le premier crâne d’hominidé au monde complètement préservé."

L'échantillon de Dmanissi, ainsi porté à cinq crânes, suggère que les premiers membres connus du genre Homo (Homo Habilis, Homo Rudolfensis et Homo Erectus) n’étaient pas des espèces distinctes , et pourraient comporter moins de ramifications qu’on ne le croyait auparavant. En effet, la comparaison des crânes de Dmanisi et des fossiles de la même période découverts en Afrique, en Asie ou en Europe, suggère que les différences morphologiques qui les séparent sont du même ordre que celles qui pourraient s'observer aujourd'hui au sein d'un groupe d'humains ou de chimpanzés.

Donc, les différents genres Homo ne font peut-être qu'un et font partie d’une seule lignée évolutive qui a donné naissance à l’homme moderne. Les crânes étant âgés de 1,8 millions d'années, il pourrait donc s'agir des premiers représentants du genre Homo en dehors de l'Afrique. Les 5 crânes
Les 5 crânes


Homme de Néandertal

Néandertal veut dire vallon de Neander en allemand. Quelques ossements y ont été découverts dans une carrière en 1856.

L'homme de Néandertal a été retrouvé uniquement en Europe. Les plus anciens spécimens connus sont âgés de 450 000 et 500 000 ans, les plus récents ont 28 000 ans environ, voire 24 000 ans à Gibraltar, ce qui devrait être encore confirmé car de nombreux éboulis pourraient être la cause d'une erreur.

L'homme de Néandertal avait une bonne capacité crânienne, supérieure même à la nôtre de 1500 cm3 à 1750 cm3.

Cependant l'agencement à l’intérieur du crâne est très différent du nôtre : la partie frontale est très réduite, et ne s'est développée que plus tard avec l’homme moderne. Or la zone frontale joue beaucoup dans la mémorisation des informations.

Les Néandertaliens sont de corpulence souvent très massive et robuste par rapport aux Homo Sapiens. Ils sont en général plus petits et plus trapus.

Ils pèsent 90 kg et mesurent 1 mètre 65 en moyenne pour les hommes et 70 kg et 1 mètre 55 pour les femmes (des individus auraient atteint jusqu'à 1 mètre 90).

L'ensemble de leur structure (os épais avec corticale développée) et leurs attaches musculaires laissent supposer une grande force physique.

Par rapport à l'homo sapiens, Le Néandertal présente: Un torus (bourrelet) sus-orbitaire continu en forme de visière (chez les prédécesseurs des Néandertaliens, ce bourrelet présente un sillon médian, le sulcus supratoralis) ; Il a un front fuyant ; et n'a pas de menton contrairement à l'Homo Sapiens qui a un menton proéminent.

Ses molaires sont de dimensions réduites comme nous.

Il présente aussi des caractères spécifiques propres aux Néandertaliens :
Un crâne dolichocéphale au profil circulaire en vue postérieure (alors que le crâne de tous les autres Hominidés présente un profil pentagonal), l'arrière du crâne est en forme de « ballon de rugby » ; il est en forme de « ballon de football » chez Homo Sapiens ;
Il a un os occipital formant une sorte de chignon présentant une fosse en son centre, dite fosse sus-iniaque.
Ses orbites sont hautes et arrondies ;
Son trou auditif externe est ovalaire et il se place dans le prolongement de la racine de l'arcade zygomatique (il est situé en dessous chez l'Homo Sapiens). Il est fermé par un tympanal à deux versants.
Il a des pommettes en retrait ;
une vaste cavité nasale ;
une arcade dentaire et un nez avancés ;
Il y a un espace séparant les dents du fond de la branche montante de la mandibule, dit « espace rétro-molaire » ;
une face allongée, de forme particulière avec un fort prognathisme;

Homme de Néandertal
Crâne de profil de l'homme de Néandertal.





Homme de Néandertal
Crâne de face l'homme de Néandertal.

L'homme de Néandertal vivait de chasse, de pêche et de cueillette. Il tuait du gros gibier comme du renne, du cheval, du bison ou du mammouth.

Il fabriquait de nombreux outils en pierre (technique Levallois, culture moustérienne). Il connaissait les colorants naturels, comme l'ocre, le kaolin ou le charbon de bois.

Il recueillait parfois des curiosités naturelles : fossiles ou minéraux, il avait sans doute le goût de l'esthétique. On a retrouvé une flûte en os lui appartenant.

Il s'est adapté aux variations climatiques et à un climat très froid.

L'homme de Néandertal est vraisemblablement le premier humain à avoir enterré ses morts.

Les ensevelissements étaient accompagnés d'offrandes comme des outils, des quartiers de viande, des œufs, des armes de parade, des ramures de cervidés, des encornures de bovidés. En Iran, un Néandertalien a été inhumé sur un lit de fleurs.

Bref, il semble très proche de l'Homo Sapiens.

Importante découverte

La thèse selon laquelle l'homme de Néandertal ne pouvait pas parler a été modifiée en 2007. En effet les chercheurs ont découvert que l'homme de Néandertal possédait aussi le gène FOXP2 nécessaire au développement du langage ; cette mutation lui aurait permis de s'exprimer.
Elle aurait été acquise indépendamment de l'Homo Sapiens, l'hybridation ayant été exclue par les résultats des études sur l'ADN mitochondrial.

Il semblerait que nous partagions un petit pourcentage de l’ADN de l’homme de Néandertal (1 à 3%, ndlr).

Le Néandertalien est le plus proche cousin que nous ayons. Il est probable que la séparation d'avec l’homme moderne se situe entre 300 000 et 600 000 ans.

Les recherches prouvent que les africains ne sont pas porteurs des gènes de l'homme de Néandertal ; en effet Homo Ergaster n'aurait rencontré l'homme de Néandertal qu'après sa sortie d'Afrique.

L'homme de Néandertal a aussi des gènes communs avec l'homme de Dénisova. Ils ont donc aussi un ancêtre commun vieux d'à peu près 1 million d'années.

Comparaison crâne d'homme Néandertal et homo sapien
Crâne de l'homme de Néandertal.


Homo Sapiens

Homo Sapiens, traduit du latin, veut dire : "homme savant".

Il est le seul survivant du genre homo, les autres espèces étant éteintes.

On pense qu'il est apparu il y a 150 à 220 000 ans. Les plus anciens crânes trouvés seraient datés de -195 000 ans et ont été appelés Omo 1 et Omo 2.

Lorsque l'Homo Sapiens est sorti d'Afrique, la terre était déjà peuplée d'hominidés, et en les rencontrant il s'est croisé avec eux. D'après des analyses génétiques, l'espèce humaine serait issue d'une femme qui aurait vécu il y a 150 000 ans en Afrique. Mais en analysant l'ADN exclusivement masculin, par notre généalogie paternelle, «Adam» n'aurait que 142 000 ans.

Il est bipède et selon l'éminent Pascal Picq celui-ci aurait acquis cette bipèdie dans les arbres et non petit à petit dans la savane comme on le pensait auparavant.

Il est à signaler que même les bonobos passent 30% de leurs temps sur leur deux jambes. Nos amis les singes savent aussi utiliser des outils, rire, exprimer de la compassion.

Dernièrement, une étude publiée le 11 juin 2014 dans la revue "Scientific Animal Cognition" par Edwin van Leeuwen et son équipe de l’institut Max-Planck d’anthropologie évolutive de Nimègue aux Pays-Bas a révélé que des chimpanzés s’inséraient un brin d’herbe dans l’oreille.

Ce comportement n’a aucun but précis si ce n’est de copier leurs congénères. En effet, une femelle est à l'origine de ce phénomène.

Nous avons tout de même quelques spécificités : notre crâne présente certains traits physiologiques propres à notre espèce:
- Un volume cérébral important, compris entre 1 400 cm3 et 1 600 cm3;
- Un angle facial entre 82 et 88 degrés ;
- L'absence de bourrelet sus-orbitaire ;
- Une face longue ;
- Des mâchoires non prognates ;
- Un menton saillant.

L'Homo Sapiens a aussi des aptitudes :
- L'utilisation d'un langage articulé élaboré transmis par l'apprentissage.
- L'aptitude de son système cognitif à l'abstraction et à l'introspection.
- Les transformations qu'il opère sur les écosystèmes.
- La domestication de nombreuses espèces végétales et animales.
- Ses relations sociales complexes.
- La maîtrise du feu.
- Ses aptitudes pour l'art prononcées.

Il y a 100 000 ans, pas moins de quatre, voire cinq espèces d’hommes différentes peuplent la Terre : Homo Sapiens (c’est-à-dire nous) en Afrique et dans le sud du Proche-Orient ; Néandertal au nord de la Méditerranée et en Asie occidentale ; l’homme de Dénisova en Asie centrale ; l’homme de Solo à Java ; et enfin, plus controversé, le petit homme de Florès, également en Indonésie. A cette époque-là, aucune de ces espèces ne prend le pas sur les autres.

En 2000, dans un article publié dans "Nature" (Mitochondrial genome variation and the origin of modern humans), Max Ingman et son équipe, proposent un arbre phylogénétique résultant de la comparaison de la séquence complète de 53 ADN mitochondriaux extraits d’individus appartenant à de multiples populations humaines dont leurs travaux sont représentés sur l'image ci-dessus.

L'astérisque représente l'ADN mitochondrial ancestral de tous les non-africains et de certaines populations africaines.

On voit sur cet arbre qu’à partir de la base commune à tous les ADN mitochondriaux on aboutit à trois premières branches exclusivement africaines, ce qui implique que les premiers Sapiens seraient apparus en Afrique et que toutes les populations des autres régions du monde sont issues d’un petit échantillon africain qui a migré hors d'Afrique.

Une autre conclusion qui se dégage de cet arbre est que la longueur des branches des populations d’Afrique subsaharienne traduit la variabilité des ADN mitochondriaux et est plus grande que celle des autres groupes humains actuels.

Selon l’horloge moléculaire, cette grande variabilité des africains indique une période d’évolution plus longue : les premières populations étaient africaines, ce qui réfute l’hypothèse multirégionale.

Des recherches précédentes fondées sur l'ADN mitochondrial néandertalien faisaient apparaître qu'il n'y avait aucune des séquences d’ADN mitochondrial qui était en commun avec les Homo Sapiens.

Les paléo-généticiens considèrent que les informations fournies par l’ADN nucléaire fournissent une phylogénie plus fiable que l'analyse de l’ADN mitochondrial. On retrouve l’idée qu’une phylogénie d’un gène ne rend pas obligatoirement compte d’une phylogénie d’espèces. En effet, la variété d’ADN mitochondriaux implique que les populations femmes n’emportent pas toute la diversité d’ADN mitochondriaux de la population initiale, certains Homo étant plus semblables entre eux, car résultant d’évènements de mutations récentes. Ainsi la population à l’origine des Homo Sapiens peut ne pas avoir hérité des ADN mitochondriaux les plus anciens de la population mère.

Mais les progrès dans les techniques de séquençage et d’extraction de l’ADN fossile ont permis à l’équipe du Neandertal Genome Project du Max Planck Institute (Green, Ingman, Pääbo, etc.) de déterminer la séquence brute de l’ADN nucléaire extrait de Néandertaliens de la grotte de Vinjica, en Croatie, qui vivaient il y 40 000 ans environ.

Dans la revue "Science" de mai 2010 (A draft sequence of the Neandertal genome), les chercheurs disent avoir séquencé environ 2 milliards de nucléotides sur les 3 milliards, soit en gros 60% de l’ADN nucléaire total.

lls ont comparé cette séquence Néandertalienne à celle de cinq hommes actuels : un français, un chinois Han, un papou de Nouvelle Guinée et deux africains : un San d’Afrique du Sud et un Yoruba d’Afrique de l’ouest.

Ils ont comparé des séquences d’ADN du Néandertal à celle des Sapiens prises deux à deux (par exemple celles du français et de l’africain San). Ils ont ciblé les SNP (single nucleotide polymorphism) c’est-à-dire les sites où les deux séquences des Sapiens différaient par le nucléotide présent. Ils ont déterminé le nombre de SNP où la séquence de Néandertal présentait le même nucléotide que l'un ou l’autre des deux Sapiens. Ils ont pu déduire que :
- L’ADN de Néandertal est plus proche de celui des non-africains que de celui des africains ;
- La similitude entre l’ADN de Néandertal et celui des trois Sapiens non-africains
est du même ordre ;

la preuve du métissage ne provient donc pas des gènes partagées par ces deux lignées mais par les allèles acquises séparément par ces deux lignées après leur séparation de l'ancêtre.

Puisque les fragments d’ADN Néandertalien se retrouvent dans le génome des asiatiques de l’est et du papou alors que les Néandertaliens n’ont jamais occupé ces régions, ce métissage a dû avoir lieu au début de la dispersion des Sapiens hors d’Afrique avant qu’ils ne colonisent le monde.

Comme les Néandertaliens sont présents au Moyen-Orient jusqu’à il y a 50 000 ans, on pense que c'est cette région qui a été le lieu du métissage.

Dans un article de "Nature" de décembre 2010 (David Reich et al. Genetic history of an archaic group from Denisova cave in Siberia. Nature, 468, 1053–1060, 23 December 2010), les chercheurs relatent les caractéristiques de la séquence de l’ADN nucléaire extrait de la phalange de Dénisova (séquence complétée et améliorée en 2012). Les auteurs ont comparé la séquence nucléaire de Dénisova à celles de cinq Sapiens et quatre Néandertaliens. Mais il n'y avait pas de similitudes.

Puis on a recherché la présence D’ADN d’origine dénisovienne dans l’ADN d’individus appartenant à d’autres populations asiatiques et d’Indonésie.

Les chercheurs ont constaté que les mélanésiens de nombreuses îles du sud-est asiatique (Nouvelle Guinée, Bougainville, Fidji, Philippines) et les aborigènes australiens avaient 4 à 6 % de leur ADN génomique d’origine dénisovienne.

Les ancêtres des populations mélanésiennes actuelles se sont donc hybridés avec les Dénisoviens. Même si on n'a trouvé des fossiles qu'à Dénisova, le métissage laisse à penser que les dénisoviens ont occupé une vaste région de l’Asie, jusqu’à l’Asie du sud-est.

L'une des conclusions de cette batterie de séquençages indique aussi que les Dénisoviens et les Néandertaliens ont un ancêtre commun qui n’est pas celui des Sapiens.

Il y a 6,5 milions d'années, chez notre ancêtre commun aux grands singes, dans un ovule fécondé on trouvait deux chromosomes, les numéros 2 et 3. Ceux-ci sont restés intacts chez le gorille et le chimpanzé, mais se sont soudés pour former le numéro 2 spécifique aux humains. C’est un phénomène extrêmement rare d’autant que cette mutation a survécu et a fait souche. Il ou elle a transmis sa mutation à plusieurs de ses descendants par des croisements qui ne peuvent qu'être consanguins. C'est de là que nous venons.

Aujourd’hui, les chercheurs décrivent l’évolution des espèces par une séparation lente à partir d’une soupe chromosomique formée par un petit groupe initial mutant et leurs congénères proches. Ce n’est que lorsque les populations deviennent inter stériles, à la suite d’une longue séparation physique, que l’on peut parler d’espèces différentes.

Il y a 200 000 ans La protéine Forkhead-Box P2 (FOXP2) semble être apparue chez l'homme et aurait provoqué, en influant de nombreux gène dans le cerveau, le langage. En effet, en 1998 le généticien Anthony Monaco de l’université d'Oxford et son groupe de travail étudiant une famille londonienne KE (dont de nombreux membres étaient affectés par les troubles du langage se rapprochant de l'aphasie de Broca) et un jeune garçon (le patient CS), non parent de la famille KE, mais qui montre les mêmes symptômes, ont identifié la protéine Forkhead-Box P2 (FOXP2) sur le segment du chromosome 7. Depuis, il a été reconnu que FOXP2 joue un grand rôle dans la transmission du langage, y compris en ce qui concerne les capacités grammaticales.

Mais cette thèse est cependant contestée, parce que des chercheurs n'ont pas pu mettre de correspondance entre les espèces possédant une vocalisation apprise et celles qui possèdent des mutations de ce genre dans FOXP2.

Certains anthropologues, par contre, soutiennent l’opinion que la rapide diffusion du gène FOXP2 nécessaire au développement du langage a été la force motrice de l'homme pour sa conquête de la Terre.

L'homme de Néandertal possède aussi cette mutation, mais la possibilité que cette mutation se soit introduite par croisements entre ces deux groupes est exclue par les résultats des études sur l'ADN mitochondrial. L'homme de Néandertal l'aurait donc acquise séparément. Il y a 40 000 ans, au Paléolithique, les hommes de Cro-Magnon mesuraient 1 mètre 83 en moyenne, entre 1 mètre 70 et 2 mètres, plus que notre taille moyenne actuelle.
L'Homme de Grimaldi découvert dans la grotte des enfants à Balzi Rossi (Italie) mesure 1 mètre 95.
Et la Dame de cavillon dans la Grotte du Cavillon (Italie) mesure 1 mètre 90.

Il y a 10 000 ans notre espèce ne faisait plus que 1 mètre 62 peut-être à cause du changement climatique et des habitudes alimentaires.

Ainsi il y a 100 000 ans les Homo Sapiens étaient dotés d'un cerveau entre 1500 et 1600 cm3, et il y a 12 000 ans le cerveau n'était plus que de 1 450 cm3 ; il est maintenant en moyenne de 1 350 cm3. Car les chercheurs du Wisconsin ont constaté en 2010 que le taille de notre cerveau diminuait depuis 20 000 ans. Les recherches montrent ainsi que les artistes de Lascaux (déjà Homo Sapiens) disposaient d'un crâne d'environ 1 500 cm3.

Mais il est communément admis de nos jours que la taille du cerveau n'a pas d'influence directe sur nos capacités cognitives.



Conclusion

Après maintes recherches et investigations sur l'ancêtre de l'Homo Sapiens ; Après maintes découvertes et rebondissements (Merci à tous nos scientifiques de savoir se remettre en question et de chercher pour nous une chose inestimable : l'histoire de nos origines); Selon les dernières études, l'histoire de nos origines se profilerait comme ceci :

-Il y a 6,5 milions d'années, 2 chromosomes, les numéros 2 et 3 se sont soudés pour former le numéro 2 spécifique aux humains.
- Nous n'avons pas trouvé encore d'ancêtres communs à nous et aux grands singes.
- Toumai serait peut-être sur une branche parallèle et ne serait pas notre ancêtre.
- Les australopithèques ne seraient pas nos ancêtres.
- Les Homo Habilis ne seraient pas non plus nos ancêtres.
- Le genre Homo serait apparu il y a plus de deux millions d'années en Afrique. Il s'agit d'Homo Erectus appelé, puisqu'il vit en Afrique, Homo Ergaster.
- Ils seraient sortis d'Afrique une première fois, et les Homo colonisent le sud-est de l'Asie et ils évoluent.
- Homo Ergaster serait sorti d'Afrique une seconde fois il y a 600 000 ans.
- Il deviendrait Homo Heidelbergensis qui évolue. La lignée se scinde en deux lignées distinctes vers 100 000 à 150 000 ans : les Néandertaliens évoluant en Europe et les Dénisoviens évoluant en Asie.
- De leur côté, les Homos Ergaster évolueraient aussi en Homo Sapiens et sortent eux aussi d'Afrique il y a 200 000 ans.
- Il apparaît que vers 75 000 ans un volcan, le Toba, aurait eu des éruptions puissantes qui auraient provoqué l'extinction de nombreux Homos.
- Une troisième migration d'Afrique a lieu vers 60 000 ans, 70 000 ans ; c'est celle d'Homo Sapiens qui va se déployer dans le monde entier et c'est lui qui est à l'origine des Homos actuels.
- Il va s'hybrider avec d'autres Homos inconnus, et sur son passage au Moyen-Orient il s'hybride aussi avec les Néandertaliens, puis en Asie certaines populations s'hybrident avec les Dénisoviens.
- A noter que le taux d'hybridation est très faible.




Chemin vers 1.1.8  stratigraphie          Accueil Chemin vers 1.1.10

Introduction
1.1
formation de l'univers 
1.1.1
aux origines de la terre
1.1.2
commencement de la vie 
1.1.3
Rodinia Terre Boule glace
1.1.4
explosion cambrienne 
1.1.5
Ere des poissons
1.1.6
les amniotiques
1.1.7
les dinosaures 
1.1.8
les primates
1.1.9
Chronologie de l'homme
1.1.10
L'homme dans son environnement
1.1.11
Aptitudes remarquables
1.1.12
L'infiniment petit
1.1.13
Croyances et mythes
1.1.14
Echelle stratigraphique
1.1.15
Méditations
1.1.16
Sources
1.1.17
Plan du site
1.1.18
primate
1.1.10.1
outils
1.1.10.2